PHILIPPINES

LE GITPA SE DÉCLARE SOLIDAIRE DE LEADERS AUTOCHTONES
FAISANT SUITE À DES ACCUSATIONS INFONDÉES DE TERRORISME

 

Le 21 février 2018, le gouvernement des Philippines a déposé une pétition à valeur juridique afin d’accuser de nombreux leaders, organisations et associations, d’être terroristes, hors-la-loi et illégales selon la législation sur la sécurité intérieure de 2007.

Le monde est sous le choc, car la liste mentionne le nom du Rapporteur spécial des droits des peuples autochtones Victoria Tauli-Corpuz ainsi que Joan Carling, co-déléguée syndicale du Major Group on Sustainable Development et 600 autres défenseurs des droits humains de tout le pays.

Victoria Tauli-Corpuz (Igorot) est une experte internationale respectée pour ses travaux sur les droits des peuples autochtones. Dotée de plusieurs années d’expérience en tant que consultante au développement et activiste autochtone internationale, en juin 2014 elle a assumé les responsabilités de 3ème Rapporteuse spéciale des Nations-Unies sur les droits des peuples autochtones. Elle est la première à avoir été récompensée du prix Gabriela Silang, qui lui a été conféré en 2009 par la Commission nationale pour les peuples autochtones et était l’ancienne présidente de l’Instance permanente des Nations-Unies sur les questions autochtones (2005-2010). Comme jeune activiste, Tauli-Corpuz a aidé à la coalition des communautés autochtones de la région de la Cordillère aux Philippines afin de lutter contre les projets du président de l’époque, Ferdinand Marcos. Ils ont réussi à faire arrêter le barrage hydroélectrique du fleuve Chico et la Cellophil Resources Corporation. Elle est la fondatrice et la directrice exécutive de la fondation Tebtebba (Indigenous Peoples' International Center for Policy Research).
Joan Carling a lutté pour les droits humains et pour les droits des peuples autochtones en particulier, tout au long de sa vie: comme ancienne dirigeante de l’alliance des peuples de la Cordillère (CPA) et de l’Asia Indigenous Peoples Pact (AIPP), membre experte de l’Instance permanente des Nations-Unies sur les questions autochtones et actuellement co-déléguée syndicale de l’Indigenous Peoples Major Group on Sustainable Development.

La liste recense également plusieurs dirigeants faisant partie de l’organisation des peuples autochtones des Philippines, Alliance des peuples de la Cordillère(CPA), à savoir:
Jose Molintas, avocat pour les droits humains de la nation ibaloi, ancien représentant de l’Asie au Mécanisme d’Experts des Nations-Unies sur les droits des peuples autochtones (MEDPA), ancien président du CPA et membre actuel du conseil consultatif
Beverly Longid, membre de la nation Kankanaey-Bontok, coordinatrice actuelle du mouvement international des peuples autochtones pour l’autodétermination et la libération (IPMSDL), actuelle co-présidente du partenariat CSO pour l’efficacité du développement (CPDE), ancienne présidente du CPA et actuelle membre du conseil consultatif
Joanna Carino, de la nation Ibaloi, membre du conseil consultatif du CPA et coprésidente du mouvement SANDUGO des peuples moro et autochtones pour l’autodétermination
Windel Bolinget, de la nation Kankanaey-Bontok, actuel président du CPA et co-délégué syndical national de l’alliance nationale des peuples autochtones des Philippines KATRIBU
Jeanette Ribaya-Cawiding, Kankanaey, ancienne présidente du CPA-Tongtongan ti Umili et actuelle coordinatrice régionale du syndicat Alliance of Concerned Teachers-Cordillère
Sherwin de Vera, coordinateur régional du réseau DEFEND Ilocos et membre du mouvement Save the Abra River (STARM)

« C’est un facteur alarmant et une menace grave pour ma sécurité et celle des autres personnalités anciennes et actuelles du CPA, d’être mentionnés sur une liste d’ « entités terroristes. L’Alliance des peuples de la Cordillère, à laquelle j’ai consacré les meilleures années de ma vie et une organisation légale, démocratique munie d’un dossier public de défense pour les droits des peuples autochtones à la terre ancestrale et à l’autodétermination » écrit Joanna Carino dans un communiqué.

Le GITPA dénonce ces accusations infondées et fausses qui entraînent des risques pour la sécurité des personnes, nuisent à l’exercice des droits et libertés fondamentaux associés à la gouvernance démocratique, et
violent les obligations des droits humains du gouvernement philippin.

Comme signalé par la Rapporteuse spéciale des Nations-Unies sur la situation des défenseurs des droits humains, le pays vit actuellement dans un « contexte d’exécutions extra-judiciaires généralisées et attaques répétées contre les voix qui critiquent le gouvernement actuel, y compris les défenseurs des droits humains. »

Le GITPA exige la suppression du nom de Carling, Tauli-Corpuz et celui des autres défenseurs des droits humains.

Nous exigeons que le gouvernement philippin s’assure de la sécurité physique de ceux qui figurent dans la pétition et respecte la législation internationale concernant les droits humains.


Nous nous joignons à l’appel mondial de la communauté internationale
afin d’exprimer notre solidarité et notre inquiétude au gouvernement philippin.

ACTION

Nous vous proposons de :

1/ Signer la pétition Pétition

2/ Envoyer la lettre ci jointe par courriel Lettre
au Président Dutertre (op@president.gov.ph) et aux personnes en copie

www.gitpa.fr