AMAZONIE PÉRUVIENNE

Le Mincul (Ministère de l'Interculturalité) et l'Ombudsman se joignent au rejet des manœuvres anti-droits

Le supposé « Coordonnateur pour le développement de Loreto » reste isolé devant les entités étatiques qui rejettent sa demande de laisser les Peuples Isolés et en Contact Initial (PIACI) sans protection et de favoriser l'accès aux territoires immatériels afin de favoriser la pénétration des routes et des activités extractives.


Grupo de pueblos en aislamiento en Madre de Dios. Foto: Sernanp

Le Bureau du Médiateur et le Ministère de la Culture (Mincul) se sont associés au rejet unanime de la tentative d'ignorer l'existence et de retirer toute protection aux « Pueblos Indígenas en Aislamiento y Contacto Inicial »/ peuples autochtones en isolement et premier contact (PIACI). Les deux entités publiques ont mis en doute le fait que le "coordinateur pour le développement de Loreto", soutenu par le Chef du gouvernement régional de Loreto (GOREL), Elisbán Ochoa Sosa, nie l'existence de ces peuples vulnérables et leur statut d'indigène. Comme il est rappelé, le 25 avril, le soi-disant "Manifeste de la région de Loreto" a été rendu public, où les autorités publiques et les représentants d'intérêts privés ont exigé l'abrogation de la loi PIACI (n° 28736), dans le but d'exploiter territoires immatériels. La demande de ces acteurs a été rapidement remise en cause par les organisations autochtones régionales et l'Association interethnique pour le développement de la jungle péruvienne (AIdesep). Le rejet est également venu d'organisations de la société civile qui défendent les droits de l'homme, comme le Groupe de travail sur les peuples autochtones du Coordonnateur national des droits de l'homme.

Obligations à remplir
Pour sa part, le vice-ministère de l'Interculturalité (Mincul) a exhorté le gouverneur de Loreto, Elisbán Ochoa, à se conformer à la réglementation pour la protection des peuples autochtones en isolement et premier contact (PIACI). Par le biais d'une lettre officielle, l'entité a également exigé que le bureau de l'autorité régionale adopte des mesures afin que des épisodes tels que la signature du soi-disant «Manifeste de la région de Loreto» ne se répètent pas. En tant qu'organe directeur du Régime spécial trans-sectoriel (RET) de protection des droits des PIACI, le vice-ministère rappelle l'état de grande vulnérabilité immunologique, territoriale et socioculturelle auquel ces peuples sont confrontés. Par conséquent, il déclare que "la négation de l'existence des PIACI ou le non-respect flagrant des réglementations édictées par l'État péruvien pour leur protection, aggrave leur situation de vulnérabilité et facilite la violation de leurs droits". La méconnaissance de la loi PIACI impliquerait « une omission qui mettrait gravement en péril la vie et l'intégrité physique et culturelle des PIACI. Situation impensable dans un Etat de droit constitutionnel ». En outre, la lettre officielle exprime sa préoccupation que des expressions telles que le PIACI "n'existent pas" ou que ceux-ci ne soient pas de "vrais" peuples autochtones soient approuvées, paroles exprimées dans le manifeste susmentionné approuvé par le chef de GOREL. Les propos cités révèlent la méconnaissance des études sur le PIACI et des réglementations nationales et internationales de protection des droits de ces peuples, indique le vice-ministère. Aussi, il est rappelé que, paradoxalement, GOREL a voté en faveur de la création de la Réserve Indigène Yavarí Tapiche, en tant que membre de la Commission Multisectorielle, un organe qui évalue et approuve les études techniques, juridiques et environnementales pour la création de ces réserves.

Cadre réglementaire
Le sous-ministre Mincul rappelle qu'il existe un cadre juridique international qui indique les obligations des États pour garantir la protection des peuples en isolement et au premier contact. Pour cette raison, il cite la Convention 169 de l'OIT. Les gouvernements doivent respecter l'importance particulière pour les cultures et les valeurs spirituelles des peuples concernés de leur relation avec les terres ou territoires, ou les deux, selon le cas, qu'ils occupent ou utilisent d'une manière ou d'une autre (article 13, Convention 169 ). Elle rappelle également que la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) recommande aux États de reconnaître les droits des PIACI sur leurs terres et territoires ancestraux. Dans le même ordre d'idées, ils soulignent que les directives du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) pour les PIACI établissent que : "Les États doivent délimiter les zones occupées et auxquelles les peuples autochtones isolés et en contact initial ont traditionnellement accès".

Ces zones doivent être déclarées d'intangibilité transitoire au profit de ces peuples jusqu'à ce qu'ils décident volontairement de leur titularisation. Ainsi, les sources du droit international soulignent la protection spéciale des territoires où vivent ces peuples, car ils sont fondamentaux pour leur vie et leur existence.

Source : Servindi, le 29 avril 2020. Traduction par le GITPA

Voir le sujet des "Peuples en isolation volontaire" dans le site du GITPA

www.gitpa.fr