COSTA RICA

Le Costa Rica a joui pendant de nombreuses années d’une réputation
d’État de droit : "La Suisse de l'Amérique centrale"
Il héberge, à San José, la Commission et la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme et
a signé la Déclaration des Nations unies des droits des peuples autochtones

Malheureusement, il est le théâtre d’une vague de meurtres de leaders autochtones

San José, 25 février 2020.


Le leader autochtone du peuple Bröran de Térraba, Jerhy Rivera Rivera, de 45 ans a été tué par balle au Territoire autochtone de Térraba, au sud-est du pays, plus précisement dans la communauté de Mano de Tigre, par des usurpateurs fonciers lors d'un conflit pour récupération des terres ancestrales et reconnus par loi, a dénoncé la Fédération écologique Costaricienne (FECON).

Le Président du Costa Rica, Carlos Alvarado Quesada, a condamné cet acte de violence et a confirmé que le meurtrier présumé était détenu par les autorités pour engager le processus judiciaire.

Pour sa part, le Front national des peuples autochtones (Frente Nacional de Pueblos Indígenas - FRENAPI) a dénoncé "la violence raciste qui a perpétré un nouveau meurtre".

Cet assassinat fait suite, en toute impunité, de celui le 18 mars 2019, de son compatriote Sergio Rojas Ortiz, Bribri du clan Uniwak de Salitre, fondateur et membre de la FRENAPI. » et à l’agression par coups de feu subie par Mainor Ortíz Delgado le 9 février 2020, à Salitre également.


De gauche à droite : Jerhy Rivera Rivera. Sergio Rojas Ortiz, Mainor Ortiz Belgado

Dans un communiqué, FRENAPI exige que :
«L'État / le gouvernement du Costa Rica agisse en conséquence et applique les mesures de précaution établies par la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) le 30 avril 2015 (MC 321 - 12 - 2015) en faveur des territoires de Salitre et Térraba pour garantir la vie et la protection intégrale des membres des deux territoires ».


Résolution du 30/04/2015 de la CIDH

En 2015, la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) a rappelé aux autorités publiques costaricaines leurs obligations de protéger les droits fondamentaux des populations autochtones des territoires Bribri de Salitre et Brörán de Térraba. Néanmoins, la réponse du gouvernement devant les agressions reste toujours faible et insuffisante.

« À partir du dimanche 23 février 2020, des groupes de propriétaires fonciers sont venus à Térraba pour intimider et attaquer les autochtones des 4 « nouvelles reprises territoriales/ recuperacion de tierra, en espagnol). Ces 13 familles ont été témoins de racisme, ont donné un avertissement précoce informant que les usurpateurs agissaient par xénophobie auprès des peuples autochtones et ont été témoins de stratégies préméditées de non autochtones visant à commettre des actes de dépossession et de violence protégés par l'inexécution de l'État ».

FRÉNAPI a ajouté que :
« Depuis le 23 février, dans les territoires sous la protection de « mesures conservatoires », des actes tels que l'incendie d'un domaine, selon des témoins, ont été perpétrés par le propriétaire foncier sous le nom de« Guadamuz » pour le retrait de nos compagnons dans les fermes en voie de rétablissement, même à la demande de la Force publique qui a déclaré que le seul moyen de nous protéger et protéger notre intégrité, c'est quitter les terres récupérées »

Le conflit existant dans cette région, comme dans d’autres régions autochtones du pays, date du début du XIXème siècle quand l’État costaricain a stimulé la migration d’habitants non autochtones vers les territoires habités par ces peuples.

À ce moment-là, les gouvernements promouvaient : « le développement » des terres supposées « sans propriétaire » afin de consolider le territoire et promouvoir le progrès national ».

L’augmentation de la violence contre les peuples autochtones est un symptôme de la très mauvaise situation des droits humains dans le pays. La flagrante inaction des autorités publiques frôle le racisme, dans une société qui encore aujourd’hui se considère comme blanche et européenne. Les meurtres et agressions subis par les populations autochtones constituent la pointe de l’iceberg d’une violation systématique des droits des peuples autochtones dans le pays, plus évidente chaque jour.

Source :
Diego LOBO MONTOYA, membre du réseau des experts du GITPA pour l’Amérique centrale.
Pour plus d'informations, veuillez visiter le lien suivant: https://sentierseco.hypotheses.org

 

Références
-« Otro indígena asesinado en la zona sur ». Semanario Universidad, 25 février 2020. Lien : https://semanariouniversidad.com/destacadas/otro-indigena-asesinado-en-la-zona-sur/ « Dirigente indígena asesinado durante acción para recuperar tierras en Térraba ». Diario digital ElPais.cr, 25 février 2020. Lien : http://www.elpais.cr/2020/02/25/dirigente-indigena-asesinado-durante-accion-para-recuperar-tierras-en-terraba/
- « Defensoría entrega informe a la CIDH sobre asesinato de líder indígena ». Diario digital ElPais.cr, 25 février 2020. Lien : http://www.elpais.cr/2020/02/25/defensoria-entrega-informe-a-la-cidh-sobre-asesinato-de-dirigente-indigena/
- « CIDH. Resolución 15/16. Medida cautelar No. 321-12. Pueblo indígena Teribe y Bribri de Salitre respecto de Costa Rica ». Commission interaméricaine des droits humains, OEA, 30 avril 2015. Lien : https://www.oas.org/es/cidh/decisiones/pdf/2015/MC321-12-ES.pdf


Informations sur le Costa-Rica sur le site du GITPA

www.gitpa.fr